Je ne regarderai plus mon voisin de la même façon. En rentrant chez moi quelques minutes après avoir découvert l’identité de mon voyeur du parc Lafontaine, je suis à la fois choquée et curieuse. Cet homme que je n’ai jusqu’à aujourd’hui qu’aperçu à quelques reprises alors qu’il sortait de chez lui vient de se sauver après m’avoir fait ressentir un mélange d’excitation et de crainte pas du tout désagréable. Et manifestement, il souhaitait que je ne le reconnaisse pas. Mais sait-il que j’ai aperçu son visage? Comment agir dans le doute?
En arrivant devant la porte de mon cinq et demi, au rez-de-chaussée de l’immeuble où loge aussi celui dont j’ignore encore le nom, je jette un œil à la boîte aux lettre qui se trouve à côté de la mienne histoire d’en savoir un peu plus sur son identité. Pas de chance, il a déjà pris son courrier. Pour l’instant, il demeurera donc « le voyeur ».
Une semaine après ce petit épisode lubrique qui persiste à occuper mes pensées, dame nature nous accorde un après-midi digne des plus beaux jours de mai. Mon appartement offrant un accès à la cour, plutôt que de rester enfermée, je décide d’aller étendre une couverture dans l’herbe pour lire un peu. En mettant le nez dehors avec mon bouquin, j’aperçois mon voisin sur son balcon qui feuillette un journal. Un picotement assaille mon bas-ventre. Je décide qu’il n’y a qu’une façon de savoir s’il est conscient que je l’ai reconnu au parc. Sans compter que j’ai une faim à combler qui ne saurait l’être complètement par une séance en tête à tête avec moi-même.
Mine de rien, je retourne à l’intérieur et échange mon Voltaire pour un Anaïs Nin à la couverture évocatrice, troque t-shirt et soutien gorge contre un bustier qui met en valeur mon opulente poitrine, puis sors d’un pas lent. Je pose le livre bien en évidence sur la table de jardin le temps d’étaler ma couverture, tout en demeurant dos à mon voyeur afin qu’il pense que je n’ai pas remarqué sa présence.
Je m’étends sur le côté, dos à l’édifice, puis ouvre mon livre à une page au hasard. La cour est fermée, et l’immeuble ne comporte que deux logements. Pour la première fois depuis une semaine, nous voilà tous les deux seuls à quelques mètres l’un de l’autre. La situation commence à m’exciter.
Inutile de dire que je n’arrive pas à lire tellement mon cerveau travaille pour trouver une façon de faire descendre mon voyeur de son perchoir. Persuadée qu’il épie mes moindres mouvements depuis que je suis dehors, je décide d’y aller franchement. Toujours allongée dos à lui, je glisse sous mon bustier la main dont le bras me sert d’appui, et de l’autre, je déboutonne mon jeans et y plonge. Il doit être sur ses gardes, car d’en haut, aucun bruit ne le trahit. Je poursuis mon mouvement, caressant négligemment ma poitrine et glissant mes doigts sous l’élastique de ma culotte, puis entre mes cuisses, où je couvre de ma main mon sexe chaud dans lequel je sens le sang affluer, palpitation par palpitation. Les minutes passent. Toujours aucun bruit. Je me laisse rouler sur le ventre et risque un coup d’œil en direction du balcon. Il n’est plus là…
Déçue, je m’apprête à me relever pour adopter une position plus confortable. C’est alors qu’un bandeau noir vient m’aveugler puis se nouer derrière ma tête. Un doigt se pose sur mes lèvres, signe que le silence est de mise. Je décide d’obtempérer et attends impatiemment la suite. Deux mains me soulèvent, et je me sens basculée sur une épaule, les fesses en l’air. Mon voyeur possède donc une stature assez robuste qu’il cache bien sous des vêtements amples. Il grimpe les escaliers en me maintenant sur son épaule, assure sa prise sur moi d’une main pour ouvrir une porte, puis nous voilà à l’intérieur.
C’est au moment où mon ravisseur fait mine de me poser puis suspend son mouvement que je réalise que mon jeans que je n’ai pas rattaché a glissé le long de mes cuisses et qu’il est maintenant assez bas pour dévoiler entièrement ma culotte collée à mon sexe par mon humidité. S’en rend-il compte? À tout le moins, il ne peut ignorer l’odeur musquée qui émane d’entre mes cuisses, tout près de son visage. D’ailleurs, c’est à cet instant qu’une des mains me maintenant en équilibre monte le long de ma cuisse jusqu’à la dentelle de mon sous-vêtement. Je retiens mon souffle, en attente de la suite, n’osant me manifester de crainte de gâcher le moment. Un doigt longe l’élastique de ma culotte en remontant vers l’intérieur de mes cuisses. Arrivé à la hauteur de mon sexe, il s’arrête quelques secondes, puis écarte le tissu humide.
Sa main se pose sur mon sexe, l’enveloppant de toute sa chaleur. Puis, un doigt se détache du peloton pour aller explorer en solo ma grotte humide. Enfin. J’accueille cette légère pénétration avec un soupir de contentement. L’envie d’écarter un peu mes jambes pour mieux accueillir ce visiteur me tenaille, mais cela risquerait de rompre l’état d’équilibre qui me maintient sur l’épaule de mon ravisseur. Je ne peux cependant contenir le mouvement d’ondulation qui saisit mes hanches au rythme des lents va-et-vient de ce doigt électrisant.
Toute à mon plaisir, je ne remarque pas que nous bougeons, et c’est avec surprise que je sens mes fesses se poser sur une surface dure et froide qui semble être une table. Experte, la main poursuit pendant ce temps son exploration des replis de mon sexe, tantôt glissant le long de ma fente, tantôt plongeant profondément en moi. N’ayant pour seuls repères que ces sensations et les bruits mouillés qui les accompagnent, je me laisse emporter, toute crainte écartée par ces doigts magiques.
De l’autre main, mon habile violeur d’intimité saisit l’une des miennes, puis la pose sur un sexe bien dur qui menace de faire exploser le pantalon qui tente de le contenir. Il guide mes doigts le long de la fermeture éclair de sorte que je le libère de cette entrave, puis les glisse dans son boxer par la fente du devant. Là, il étend ma main sur son sexe et retire la sienne. Je reste quelques seconde à apprécier la dureté de l’objet reposant sous mes doigts, que je promène ensuite le long de la petite veine qui va de la base jusqu’au gland, arrachant quelques spasmes à son propriétaire. Je le prends ensuite à pleine main, puis entame un lent va-et-vient, accentuant légèrement ma pression à la hauteur du gland. Les doigts à l’intérieurs de moi se retirent, saluant au passage mon clitoris, ce qui ne manque pas de me faire frissonner.
J’entends le froissement d’une enveloppe qu’on déchire, puis le bruit d’un préservatif qu’on déroule. Mon voyeur saisit une nouvelle fois ma main, et la pose sur sa verge. Je comprends qu’il me demande mon accord. Je le guide alors vers mon sexe et de son gland, me caresse le clitoris. Il empoigne son sexe et le glisse le long de ma fente, poursuivant le frottement amorcé sur mon bouton bien gonflé. Ce n’est que lorsqu’il me sent tout près de l’orgasme qu’il se positionne à l’entrée de ma grotte et me pénètre d’un solide coup de reins. La chaleur de son sexe m’embrase. Ses coups de boutoir me soulèvent les hanches, la table vibre et craque sous mon poids et les assauts de mon violeur, qui pour mieux profiter du spectacle, détache mon bustier et expose ma poitrine à son regard. Il poursuit sa chevauchée avec tant de fougue que mes seins se livrent à une danse frénétique et presque douloureuse. Son sexe me remplit si bien, son rythme s’accorde merveilleusement à mes ondulation, mon excitation est à son paroxysme. À l’orée de la folie des sens, l’orgasme me submerge, et il est fulgurant. Je sens mon étalon exploser peu après moi, ajoutant au déferlement de plaisir d’impressionnantes dernières vagues. Nos deux corps moites tremblent et s’affaissent sur la table, qui émet un grincement de protestation.
Tiens, mon bandeau est tombé…
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