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Une matinée au parc, 2e partie


Auteur: coquine
Genre: hétérosexuels
02 mai 2009
Note des lecteurs (8 votes):

Un courant d’air soulève doucement ma jupe et me tire du sommeil léger que j’ai laissé me gagner après ma petite séance d’autosatisfaction dans la nature. Le soleil est plus haut. Combien de temps a passé? Une heure peut-être? La ville sort peu à peu de sa torpeur. En bas, sur le lac, les canards semblent tenir conseil: quel sera le programme de la journée?
Je m’étire paresseusement dans l’herbe, telle une chatte repue. Les petits frissons sur mes fesses me rappellent que je n’ai pas remis ma culotte, retirée un peu plus tôt pour faciliter mes mouvements. Je me sens libre sans cette entrave. Le soleil encore timide réchauffe mes pieds, placés sous un trou dans le feuillage encore tendre des arbres. Je referme les yeux et reste étendue là, comme si rien n’avait d’importance que ce moment de pur bien-être. Consciente de mon corps, de ses points d’ancrage avec le sol, du vent qui s’insinue entre mes cuisses et glisse sur mon ventre, des brins d’herbe qui chatouillent mes joues.
Des pas au loin. Pas un écureuil cette fois, mais quelqu’un. Comme c’est chose courante de voir des gens étendus sur le bord du lac dans ce parc, je ne m’en inquiète pas et profite de la chaleur de l’astre du jour qui a commencé à grimper le long de mon mollet. Les pas se rapprochent, se rapprochent, puis un bruit de bois, celui de quelqu’un qui s’assied sur un banc, le banc qui me fait face car il n’y en a qu’un seul qui soit si près, puis le silence.
Quelques minutes passent. Pas de bruit de livre qu’on feuillette ou de journal. Aucun grattement de stylo sur le papier. Pas de guitare. Rien. Me regarde-t-on? Suis-je décente au moins? L’air de rien, en gardant les yeux clos, je glisse ma main vers mes jambes et entreprends de repousser vers le bas les pans de ma jupe, qui était remontée jusqu’à mi-cuisses.
Alors que j’en suis aux genoux, je suspens mon mouvement: j’ai cru entendre un chuchotement, à peine perceptible, un seul mot, murmuré dans un souffle: « Non. » Si ce n’est le vent, c’est mon spectateur qui l’a émis. Mais pourquoi? Il est probablement perdu dans ses pensées et ce mot a malgré lui franchi ses lèvres. Je poursuis la descente de ma jupe, mais m’arrête, saisie par un autre « non », toujours chuchoté, mais cette fois un peu plus audible et suivi d’un «N’y touchez pas. »
Un voyeur? C’est bien ma veine! En même temps, cette voix chaude et vibrante ne cadre pas avec l’idée de que je me fais d’une espèce de pervers. Elle m’inspire même une certaine confiance, probablement déraisonnable étant donné que nous sommes sûrement seuls dans le parc à cette heure. Je pose mes mains à plat sur le sol, le long de mon corps et tends l’oreille. Un souffle d’air fait danser les feuilles. Comme j’ai eu la bonne idée de coincer ma jupe entre mes genoux, elle ne bouge presque pas.
Les secondes passent, puis les minutes. Une, deux, trois... Je ne sais pas quoi faire. Il est toujours là, à quatre ou cinq mètres de moi. Il m’observe, sans un mot, et je dois avouer que la situation commence à m’émoustiller. Je garde les yeux fermés pour préserver le mystère qui l’enveloppe, qui, doucement, m’excite.
Pour me donner une contenance car je demeure un peu nerveuse, je lève les bras au-dessus de ma tête dans un mouvement d’étirement qui entraîne inévitablement la bordure de mon t-shirt avec lui vers le haut et dévoile le creux de mon nombril. Sans que je m’en rende compte, le mouvement dessoude aussi mes genoux. Ma jupe s’échappe, et le vent s’y engouffre. Mes mains ne sont pas assez rapides pour empêcher mon voyeur de deviner l’absence de culotte. Un craquement du banc me le confirme. Puis quelques pas. Un bruissement d’étoffe dans l’herbe à côté de moi. Et une main qui se pose sur mes yeux, sans brusquerie. « Montrez-moi, chuchote-t-il. Ne vous en faites pas: nous sommes seuls. »
Je demeure d’abord de marbre. Une petite voix dans ma tête me chuchote un avertissement, essaie de se frayer un chemin entre les idées perverses qui s’y bousculent, non sans qu’elles soient accompagnées d’une certaine crainte. Engourdie, surprise de mes gestes, je remonte mes mains qui empoignent toujours le bord de ma jupe, puis, d’un geste lent, remonte le tissus vers mes hanches. À l’orée de ma toison, je fais une pause pour écouter le souffle de l’inconnu, qui devient un peu plus rapide. Sa main demeure sur mes yeux. Il craint probablement que je ne respecte pas son désir de ne pas être vu...
Des doigts qui ne sont pas à moi se posent à l’intérieur de ma cuisse, juste au dessus de l’articulation de mon genou, puis remontent, doux, vers l’endroit où ma jupe a cessé son ascension. Je me crispe un peu. Suis-je folle? Mais en même temps, une intense chaleur envahit mon bas-ventre, et je n’ai pas envie de céder à ma raison. L’instant est peut-être dangereux, mais c’est ce qui le rend si captivant, excitant.
Je me laisse hypnotiser par la respiration de mon inconnu, dont la main demeure, brûlante, à l’intérieur de ma cuisse, à quelques centimètres de ma toison brune, où doivent commencer à perler quelques gouttes de désir. Assez ébranlée par la tournure de mes pensées et de la situation, je me rends compte que je veux sentir cette main sur mon sexe, ses doigts entre mes poils, sur mes lèvres gonflées, puis plus profondément entre mes cuisses, au creux de mon humide intimité. Je bouge imperceptiblement mon autre jambe, histoire d’écarter un peu plus mes cuisses dans un message corporel de bienvenue à ces doigts que je veux accueillir dans mon refuge.
Mais la main n’avance pas. Elle quitte ma cuisse pour saisir la mienne, puis pose celle-ci à l’endroit qu’elle vient de quitter. Je crois comprendre ce qu’il me demande, et même si je suis un peu déçue de ne pas avoir ce que je désirais, je me sens tout de même un peu soulagée que les choses n'aillent pas trop loin... pour l'instant du moins. Je glisse le bout de mes doigts sous le tissu de ma jupe, parmi mes poils soyeux, le long de la fente déjà humide de mon sexe. « Oui », entends-je murmurer en réponse à mon geste. Mon majeur se fraye un chemin entre les lèvres qui s’ouvrent comme les pétales d’une fleur au soleil et se glisse vers mon petit bouton de plaisir, bien gonflé, tandis qu’à mon oreille, une respiration s’accélère.
Mon doigt frétille, ralentit, plonge dans les replis de mon sexe, puis reprend sa danse sur mon clitoris. Un coup de vent soulève ma jupe et dévoile tout à fait l’activité lubrique à laquelle je me livre, seule au milieu d’un parc aux côtés d’un inconnu qui ne perd assurément rien de la scène et qui maintient sur mes yeux une main qui tremble un peu. Mon corps vibre, et c’est la seule chose qui compte en cet instant. Mon corps et ces yeux posé sur lui, sur moi qui me dévoile ainsi sans pudeur à quelqu’un dont je ne sais rien.
L’orgasme approche, et je le laisse venir, certaine que c’est le spectacle auquel s’attend mon voyeur, dont le souffle est devenu beaucoup plus rauque. D’abord, une rumeur dans mon ventre, puis un chatouillement presque insoutenable sous mon doigt. Puis je le laisse m’envahir, les reins tendus, les jambes écartées, totalement impudique.
Alors que je me laisse choir dans l’herbe, j’entends un nouveau mouvement à côté de moi, précipité cette fois. La pression exercée sur mes yeux s'estompe en un éclair tandis que retenti sur le sol un pas de course. C’est qu’il se sauverait, le cochon! J’ouvre rapidement les yeux et me redresse pour réussir à apercevoir de profil un visage qui, en fin de compte, ne m’est pas tout à fait inconnu... (à suivre)
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